Parfois, le jour le plus banal peut nous réserver de délicieuses surprises. Alors que j'avais, comme d'habitude, emporté un repas à réchauffer au micro-ondes, une collègue a décidé de nous inviter au restaurant. Et pas n'importe lequel, s'il-vous-plaît. Dans un cinq étoiles, pas moins que ça!
Nous en avions vaguement discuté pendant l'été, mais cela ne s'était jamais fait. Et soudainement, juste après un colloque, voilà que l'idée redevient d'actualité. Pour ses soixante ans, pour la naissance de son petit-fils, pour la Saint-Nicolas, pour Noël… Pour tout plein de bonnes raisons, en fait.
Nous voilà donc parties toutes les six, sous la pluie, en route pour le restaurant au bord du lac, à quelques minutes de la médiathèque. Evidemment, vu le temps qu'il faisait, nous n'avons pas pu profiter de la terrasse, comme nous l'aurions fait en été. Mais nous étions là, et c'était déjà quelque chose.
Vous vous en doutez peut-être, je ne suis pas une habituée des restaurants de ce genre-là. Les surprises que ce repas me réservait furent donc multiples.
Je crois bien que c'était la première fois qu'on me prenait mon manteau comme cela. Un peu déconcertant, je l'avoue. Comme font-ils pour les reconnaître lorsque l'armoire est pleine? La table ensuite. Joliment décorée, mais… Combien de services y a-t-il au juste? Oh, plusieurs verres, aussi. Et cette petite assiette ici, avec son petit couteau assorti, elle est toute mignonne, mais elle sert à quoi?
Je devais être grandement soulagée par le menu du jour, qui me libéra de mes hésitations. Comme nous ne prenions pas de vin, il ne nous restait qu'un verre. Je découvris rapidement l'usage de la mignonne petite assiette (accueillir un morceau de pain), et les couteaux et fourchettes innombrables furent remplacés par un seul jeu de services (cuillère, fourchette, couteau à poisson), me facilitant grandement la tâche.
Après une bouchée de magret de canard fumé, nous voici devant un potage à la courge agrémenté de noix de Saint-Jacques. J'aime la soupe à la courge, j'aime les noix de Saint-Jacques. Tout va bien. Le plat principal, après quelques miches de pain, minuscules mais variées, et toutes chaudes encore, est délicieux. De la féra aux câpres, et une sorte de purée de pommes de terres recouverte de je ne sais trop quel mélange de tomates et d'herbes aromatiques. Probablement de l'huile d'olive également. Le tout présenté dans une immense assiette, ce qui a pour effet de faire paraître le tout beaucoup plus petit que sa taille réelle.
Le dessert enfin: Une toute petite tarte aux pommes, un peu caramélisée, avec une sauce vanille-cannelle, et un petit morceau de chocolat décorant le sommet d'une noisette de crème. Le tout encore chaud. Je vous le dit, c'était tout simplement délicieux.
Au moment de partir, après nous avoir aidées à remettre nos manteaux, on nous invite à choisir une enveloppe rouge accrochée à une espèce de sapin abstrait en spirale. La plupart ont reçu un bon pour une coupe de champagne ou un verre de vin, qu'elles reviendront peut-être déguster au coin du feu. Pour ma part, je reçois un bon pour un petit déjeuner ici. Je l'utiliserais bien, mais… A dire vrai, je m'y sens plutôt déplacée. Les grands hôtels ne font pas partie de mon environnement naturel. Et je sais déjà qui pourrait l'apprécier mieux que moi...